Schall Nitza

Née en 1973; a grandi, en retrait de la ville, dans la « maison familiale » où elle puisera de sa grand-mère une affection particulière pour la poésie francophone. Partagée entre les chiffres et les lettres, elle optera pour une formation commerciale et épousera un enseignant en littérature et philosophie. Mère de trois enfants, elle s’adonnera, entre autres activités, aux plaisirs de la plume.
Membre des Poètes de la Cité.

Ouvrages collectifs

Ensemble, Les Poètes de la Cité, 2014
Editions Flammes Vives

  • Variations sur le thème de l’avenir, 2011
  • Anthologie poétique, volume 1, 2ème trim. 2012
  • Anthologie poétique, volume 4, 4ème trim. 2012

Prix obtenus

 

  • David Burland Poetry Prize 2011 : 3ème prix pour « Vanité »
  • Etoile de l’Aube 2011 : mention d’honneur pour « La Rumeur »
  • Flammes Vives 2011 : Remarquée pour « L’Avenir »
  • Bibliothèque des Eaux-Vives 2012 : 1er prix pour « Dialogue avec Jean-Jacques Rousseau »
  • Commune de Meyrin 2012 : 1er prix ex aequo pour « Quartier de lune »
  • 17th Mainichi Haiku Contest 2013 : Mention honorable

Quartier de lune

Quartier de pomme, quartier d’orange,
Plantes-y tes quenottes, mon ange.
Quartier de lune, duvet de plumes,
Sens-tu le soir qui nous parfume ?
Quartier de ville, quartier des champs,
C’est là que tu vivras cent ans.

Ton univers et tes amis,
Tu les rencontreras ici.
Tes premiers élans amoureux
Auront pour témoins ces doux lieux.
Le cœur battant, cheveux au vent,
Tu grandiras là, mon enfant.

Entre ces ruelles et ces champs,
Tu t’imprégneras chaque instant
Des arbres, des murs et des pierres,
Des chéneaux comme de la rivière,
Et dans un tourbillon d’envies,
Tu rempliras ces lieux de vie.

Quartier de pomme, quartier d’orange,
Plantes-y tes quenottes, mon ange.
Quartier de lune, duvet de plumes,
Sens-tu le soir qui nous parfume ?
Quartier de ville, quartier des champs,C’est là que tu vivras cent ans.

« Toi, mon joyeux pinson… »

Toi, mon joyeux pinson, qui t’en viens au matin,
Quand ma plume asservie au repos se destine,
De ton badin ramage entonne le refrain
D’une aube renaissante ! Ah ! Rage clandestine,

Qui me tint éveillé ! Bercé du crissement
Des mots que j’épanchais toute la nuit durant.
Et lorsque toi, dispos, tu gobes la lumière
Mon esprit engourdi s’éteint dans sa tanière.

La gorge déployée et le gosier au vent,
Ton duvet s’émoustille à l’aiguail vivifiant,
Tandis que, las, mon corps, vidé de sa misère,
D’émoi tremblant encore, a son âme qui erre.

Oh ! Toi, joyeux pinson, qui t’en viens au matin,
Chante, chante pour moi, pépie dans la brise !
Fais que ce jour me soit une nuit de satin
Où mon tourment s’évade et où ton chant me grise !