Reisch Hyacinthe

Né en 1969, Hyacinthe Reisch est diplômé de la 1ère promotion du Centre National des Arts du Cirque à Châlons-en-Champagne. Il est le directeur artistique de la Compagnie Hyaquadire-que, fondée en 2008 à Genève.
Acrobate-comédien de formation, musicien, peintre et poète autodidacte, il met en piste ou scène ses spectacles depuis plus de 20 ans, dont il dirige également la scénographie, compose et écrit l’essentiel des textes et de la musique.
Ses premiers poèmes ont été écrits à l’âge de 8 ans, depuis il n’a jamais cessé d’écrire chansons, pièce, poèmes, et récemment un livre pour enfant.

Ouvrages personnels

Debout sur l’eau, Le Chineur Editions, 2015
L’ouvrage peut être commandé auprès de l’auteur : hyacinthe@hyaquadire-que.com

LETTRE

Ecris-moi des mots, en ligne, des mots de lettre,

Des mots d’amour si beaux ou un S se mêlant
à un E se, se, se perdrait dans un élan,
ne rencontrant jamais de si jamais d’adieux.
Il faut un cœur pour lire derrière les yeux,

pour apprendre que ce qui bat dans un sens, se
débat souvent dans l’autre, cherchant l’encre, la lance,
à fixer au cœur des mots, une fin en un point.
Ecris-moi des mots, torturés de douceur, un

feu de lettre brûlant d’amour, brûlant d’envies
ou la cendre serait, blanche signe d’oubli.
Je veux te perdre, te retrouver dans une phrase,
Etre l’E dans l’O près de toi, être le vase ;

Ou s’épanouisse l’idée même de la vie,
Ou fleurisse ta joie, fane la jalousie.
Merveille une écriture détachée de tout,
Ou la virgule souffle, respire pour nous ;

Ou le point final débute une réflexion,
Un rêve, un espoir, simplement une trahison.
Ecris-moi majuscule comme tout début,
bien ronde bien faite, grande, mince et pointue,

Accentues mes courbes, fais-moi belle à relire,
Et entre parenthèse, désire le pire…

Ecris-moi ! Point, écris-moi ! Point te dis-je, écris-moi ! Point ce soir . Ecris-moi Point.

HR

derrière les yeux

Un coin amer même sans eau,
Où je m’échoue de toutes parts.
Le large est pris et toujours beau,
Je sens combien, il m’accapare.

Quand l’encre seiche au fond, je coule,
Epris de la prochaine tasse.
Opter pour les mains de la foule,
Et tout ce bruit, qui me délasse.

Je devrais bien, un peu plus loin,
Aller de l’avant dans le mur,
Sans trop m’agiter dans un coin,
A guetter ce rien qui perdure.

Dans un sursaut, construire encore
Un peu de vent à contre cœur.
Les mains sales, s’offrir alors
Aux illusions de grand sauveur.

Un grain j’ai, derrière les yeux
Chagrin frais, d’un passé plus vieux.
Un grain j’ai, au fond si tu veux
Chagrin frais, d’un passé heureux
HR