Souvenir du futur

 

Il y a plus de trente ans

Je me rêvais à travers la ville

Chevauchant les volutes

Des premières fumées

Imaginant de fabuleux voyages

 

Je me vis alors beaucoup plus en âge

Revenant de lointains rivages

Errant hagard dans une ville

Que je ne reconnaissais plus

Prisonnier d’un rêve incertain

Venait du millénaire le crépuscule

 

Mais ce n’était pas possible

Rien que rêves ou cauchemars

Engendrés par fumées et brouillards

Je n’y croyais pas en ce temps-là

Mais maintenant c’est là…

 

 

 

 

 

Yann Cherelle

Les piafs

 

 Pattes jointes sautillant,

Frêles oiseaux pépiant.

 

Vite effarouchés,

Souvent effrontés.

 

En bande se chamailleront

Pour un croûton.

 

Chapardeurs sans peur

Et même querelleurs.

 

Moinelles, moineaux,

Oisillons, amis pierrots

Au plumage bariolé,

Brun pâle ici, ailleurs foncé.

Tous comme de bure enfroqués.

 

Gros mâle au col

De noir cravaté.

 

Un bruit insolite, et c’est le fol

Envol.

Georges Brosset

Appel

 

Guerres sans paix

autant de larmes que de sang

poings crispés de rancune

faim, froid,

déchéance

 

Dieu tout-puissant

maître du ciel et de la terre

se pourrait-il que tu pleures

 sur ta création

jusqu’à l’abandon

 

Dieu tout-puissant

maître du ciel et de la terre

libère-nous de la solitude de toi

de l’isolement

du beau, du bon, du vrai

 

Alors tu reconnaîtras

dans l’ardeur au soleil levant

au recueillement au soleil couchant

la gratitude d’un non-puissant

petit esclave du ciel et de la terre.

  Anne de Szaday

La fraîcheur sur l’archipel

 

La barque se balance sur la houle

Au son de la brise tendre du sud.

Disque d’étain, la lune éparpille

Ses perles d’argent sur la baie d’ébène.

 

La barque oscille dans l’archipel,

Dentelé par l’air, la mer et le sel.

La lune scelle ses lamelles d’argent,

Aux coins des vagues, lamelles d’étoiles.

 

Au milieu de la mer nocturne,

Tel le goût de la menthe sur ma bouche,

Ou mon foulard de soie dans la brise,

Sur la baie d’ébène, frémit la fraîcheur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emilie de Salverte -Bilman

 

 

Pauvre afrique

       

J'ai vu la mère pleurer

J'ai vu l'enfant crier

J'ai vu le père prier

Et j’ai senti mon cœur se serrer

 

J'ai vu le pauvre blessé

J'ai vu le riche soigné

J'ai vu la foule gazée

Et j’ai senti mes poings se serrer

 

J'ai vu la mère pâlir

J'ai vu l'enfant mourir

J'ai vu le père partir

Et j’ai senti mes larmes sortir

 

J'ai vu le pauvre maigrir

J'ai vu le riche en rire

J'ai vu la foule en délire

Et mon Afrique se détruire.

Bamba Junior Bakary

                                     Chère inconnue

 

Chère inconnue tu ne seras pas mon escapade

Ni ma fuite en avant toutes voiles dehors

Tu ne seras pas mon bol d’air au fond de l’eau

Mon école buissonnière ma planche de salut

Ma dérive émotionnelle flottante

Mon radeau de la Méduse ma plaisance

Mon escale mon port d’attache

 

Chère inconnue

Tu ne seras pas mon projet de société secrète

Ma compensation ma récompense

Mon lieu noir ma veine cave

 

Chaire d’inconnue tu seras un battement une pulsation

Ma fraction de seconde d’un bonheur arraché au monde

 

 

 

 

Albert Anor

 

L'émigré

 

Comme l’oiseau migrateur n’ayant pour richesse

Que l’élan vital et la force de ses ailes

Le migrant quitte son toit fuyant la détresse

Le cœur palpitant, moins confiant que l’hirondelle

 

D’où qu’il vienne au delà de mers ou de déserts

Le chemin de l’exil est parsemé d’écueils

Rescapé de guerre ou enfant de la misère

La terre promise est le pays qui l’accueille.

 

Il blondit ses cheveux, se peint les yeux d’azur

Masque son accent et déguise son allure

Parle avec fierté des ancêtres d’adoption

Croyant fermement à son assimilation.

 

A la nouvelle patrie il donne son cœur

Sa force, son travail et toute son ardeur

Quand il croit sa nouvelle identité forgée

On le pointe du doigt désignant …l’étranger.

 

Déçu dans son amour et doublement meurtri

Par deux fois orphelin d’une mère patrie.

Il sera désormais un arbre sans racines

Dans un jardin de roses aux longues épines.

                                         Le voyage 

Le voyage est infini,

J'y réfléchis et m'assoupis.

Dans mon rêve je suis dans un train, 

Qui m'emmène aux pays voisins.

 

De la France à l'Angleterre,

Mais jamais je ne quitte la Terre.

Des rêves d'atteindre la Lune,

Me font pleurer dans la nuit brune.

 

Le voyage est infini,

J'y réfléchis et m'assoupis.

Dans mon rêve je suis dans un train,

Qui m'emmène aux pays lointains.

 

De la France à la Chine,

La France me manque bien, 

Même si j'en suis loin.

Fin du rêve, mon voyage se termine.

 

Bob Morabia

Jeune poète en herbe

 

 

Linda Stroun

Juste une …

 

Une touche, juste une touche qui touche, pas touche !

Une mouche, juste une mouche qui fait mouche

Noir, juste du noir laissant espérer un soir

Une chaînette discrète te chevillant à la chevillette

 

Talons hauts, te prenant de haut

Tailleur, juste un peu sage … plein de présages

Jupe fendue sur un genou tendu

Bas, juste des bas … regard remontant d’en bas

Bouton, boutonne ce bouton se déboutonnant au bon moment

Décolleté, … attrapé ce regard détourné !

Transparence, …juste une apparence pour te mettre en transe

 

Mèche, juste une mèche, es-tu de mèche ?

Regard, juste un regard t’accrochant sans égards

Cils, juste un battement de cils et tu sourcilles sourcilles

Noires pupilles, grosses comme des toupies réduisant ton cœur en charpie

Narines aquilines, frémissantes d’attente

 

Langue gourmande passant sur des lèvres languissantes…

Comprends-tu ma langue ? Mots code, mots clé … Allez décodez !

 

Effluves s’unissant dans la même étuve

Un plaisir se nouant en un désir

Pour un moment .. ou deux, qui sait …peut-être

 

Marianne C. Mylonas-Svikovsky

A la morte saison

 

Il m’arrive parfois

Qu’à  la morte saison

Je longe les rails

Entre deux gares

Dénombrant les maisons

 

Souvent mon regard

S’arrête sur l’une d’elles

Sans doute parce qu’au

Travers de dentelles

Qui lui servent de voiles

Je crois deviner

Dans le grisé d’une ombre

Dans la surdité sombre

De l’isolement

Des yeux qui brillent

Comme des étoiles

 

 

 

 

 

 

Jacques Herman

Appel

 

Guerres sans paix

autant de larmes que de sang

poings crispés de rancune

faim, froid,

déchéance

 

Dieu tout-puissant

maître du ciel et de la terre

se pourrait-il que tu pleures

 sur ta création

jusqu’à l’abandon

 

Dieu tout-puissant

maître du ciel et de la terre

libère-nous de la solitude de toi

de l’isolement

du beau, du bon, du vrai

 

Alors tu reconnaîtras

dans l’ardeur au soleil levant

au recueillement au soleil couchant

la gratitude d’un non-puissant

petit esclave du ciel et de la terre.

 

 Anne de Szaday

Appel

 

Guerres sans paix

autant de larmes que de sang

poings crispés de rancune

faim, froid,

déchéance

 

Dieu tout-puissant

maître du ciel et de la terre

se pourrait-il que tu pleures

 sur ta création

jusqu’à l’abandon

 

Dieu tout-puissant

maître du ciel et de la terre

libère-nous de la solitude de toi

de l’isolement

du beau, du bon, du vrai

 

Alors tu reconnaîtras

dans l’ardeur au soleil levant

au recueillement au soleil couchant

la gratitude d’un non-puissant

petit esclave du ciel et de la terre.

 

 Anne de Szaday

 

         Mini-tsunamis  de  mon  âme                            

           

gouttes d'eau

vous qui êtes libérées des nuages

par le feu de l'orage

- diamants du ciel

venez rafraîchir mes espoirs desséchés

venez étancher ma soif d'essentiel

perles de rosée

            vous qui rythmez les journées de prairies

vous dont l'impartiale bonté matinale,

se dépose même sur l'ivraie entourant ma demeure

venez ajuster l'horloge de mon coeur

venez faire briller le miroir

où se reflète ma vraie identité

grains de sable

            vous que l'océan ne cesse de caresser

            - poudre de soleil sur la plage

                        venez consolider mon courage

                        battu par les flots de l'adversité

vents du large

            vous qui parcourez les mers sans bagage

            pareils à d'infatigables émissaires

                        apportez-moi des messages-repères

                        venez faire respirer mes jardins essoufflés

                        allez sécher les larmes de l'humanité.

 

Beatrice Labarthe

Les rêves du poète

 

Les rêves du poètes percent les silences de l'univers.
Silences des ombres ;
Elles tournent sur la terre avec la terre.
Silence de la terre pleine de feu ;
Elle tourne sur elle-même d'orient en occident autour du soleil.
Elle nourrit le lait de la terre et la pluie du ciel.

 

Et le poète chante que l'univers est beau.

 

Le regard du poète brille sur les merveilles de notre planète ;
Merveilles des couleurs des soleils vifs couchant sur les mers et les monts ;
Il annonce sa première victoire sur le silence et l'ignorance.
Il entonne en force sa longue partition de la vie.

 

Et le poète chante que notre planète est magie.

 

Les cœurs des poètes vibrent des souffrances des espoirs humains ;
Souffrances des enfants échappés des haines des amours déchirés ;
Espoirs qui sont des prières pour calmer les muscle rouillés
Et dissiper les yeux qui scintillent.
Elles pansent par le verbe créateur de paradis.

Et le poète chante que les mains jointes sauvent.

 

 

Jean-Martin Tchaptchet

Jeux planétaires

 

Tel un volcan aux couleurs de plomb
le gigantesque coursier soufflait sur les nimbus
et s'étalant, galopait à reculons.

 

Sous l'ample poitrail brillait Vénus ;
derrière la tête la Lune encore opaque
voulait le transpercer de ses rayons blafards.

 

Le ciel étonné contemplait ce handicap
hésitant à rallumer ses Grands Boulevards.

 

Mars en feu surgit à Ponant
diluant les sabots du monstre
qui dans un convulsif mouvement
se déforma, puis se mit à fondre.

 

Sitôt la Lune effaça du crépuscule
les derniers espoirs d'un soleil mourant.

 

Alors le Zodiaque montra ses Chars Uniques
et Castor et Pollux, sis sur la Voie Lactée,
poussèrent la Roue Astronomique
à labourer le firmament voûté.

 

 

Galliano Perut